Mode 2020
Posted in Production
12 février 2021

Pour quand un retour à la normale de la mode ?

Jamais la mode n’a reçu un tel choc. En 2020 la mode, face à la crise sanitaire, les magasins ont fermé, les productions ont été stoppées et des millions de personnes se sont retrouvées enfermées chez elles. Salons, défilés et autres événements ont été annulés. Comment la mode a-t-elle fait pour survivre à cette pandémie mondiale ? Ce n’est pas pour bientôt mais les séquelles se font déjà ressentir…

Apparition d’un mystérieux virus, pandémie mondiale, déclaration de l’état d’urgence, contrôle aux frontières et… confinements. Comme de multiples secteurs, la mode en 2020 a subi un coup dur. Les milliers de créateurs, boutiques, stylistes, ateliers, usines et tous les autres intervenants du secteur de la mode sont touchés. Du jour au lendemain, ils sont à l’arrêt. Ils ont tout de même essayé de fonctionner. Que ce soit en utilisant le Clic&Collect, en ressortant les invendus, ou en rouvrant les ateliers et usines malgré les conditions sanitaires (tout en respectant les mesures et gestes barrières…). Les professionnels de la mode ont nécessairement dû se réinventer.

2020 ou la mode en déclin

La mode est un secteur durement touché par la crise sanitaire en 2020 et encore aujourd’hui. Tous les événements sont annulés, et même les productions sont arrêtées temporairement. Question santé, la mode a répondu par l’innovation. Elle a bien dû s’adapter, à sa manière, pour survivre à cette crise sanitaire. High-tech, marketing digital ou communication… La mode s’est guérie peu à peu des séquelles de cette pandémie qui n’a toujours pas pris fin.

Les créateurs et marques de mode se sont retrouvés, du jour au lendemain, sans lieux de fabrication. En premier lieu, pour des raisons sanitaires, les personnes qui collaborent avec des usines ou des ateliers étrangers sont soumis au respect du règlement du pays. Si celui-ci impose des mesures locales strictes, la production doit s’y adapter. Les jeunes créateurs et les marques en développement, ont pu se sentir abandonnés en pleine situation de crise. Effectivement, alors que le secteur de la mode est en temps normal assez compliqué, le coronavirus vient alourdir ces problématiques. Notamment sur la production de mode qui se tient à l’étranger.

D’autres établissements de fabrication ont décidé de tout plaquer et de se tourner vers la production du moment. Certains ont décidé d’oublier la mode et se lancer dans le secteur médical pour venir en aide aux soignants. Dans une enquête intitulée « La dure réalité des jeunes designers en temps de pandémie« , réalisée par le site spécialisé sur la mode Fr.fashionnetwork, des designers témoignent de la complexité de leurs situations.

Arthur Avellano, styliste, a vu sa production s’arrêtée à cause de la crise sanitaire : « Mon fournisseur de latex en Angleterre vient de m’informer qu’il arrête la production de mode pour se centrer sur le latex médical. Au Maroc, ils n’ouvrent pas les frontières avant la fin de juin. Au Portugal, les usines sont fermées. Pour les casquettes, j’ai dû délocaliser ma production française en Lituanie. Je passe mon temps au téléphone. On a les informations au jour le jour. » Et sa situation n’est pas isolée…

Il y a eu un changement dans la production de la mode. Beaucoup d’ateliers et d’usines ont changé. De la production de vêtements, ils sont passés à la production de matériel médical. Même des grandes enseignes, tel que le groupe LVMH ont participé. Leurs usines, qui produisaient des pièces de mode de luxe, se sont transformées en usines de production de masques chirurgicaux et FFP2, de gels hydroalcooliques, et même d’appareils respiratoires. Claude Martinez, PDG des Parfums Christian Dior, l’expliquait publiquement dans un article de Capital, « Production de gel, masques, aide respiratoire… Une task force réunie autour de Bernard Arnault »: « Nos chaînes de production ont été transformées en usines de guerre, on ne se pose plus du tout la question des profits en ce moment. »

Le secteur de la mode peut-il oublier l’année 2020 ?

Certains ne l’oublieront jamais. Et pour cause, de nombreuses boutiques ont dû mettre la clé sous la porte. Selon les dernières informations de la Banque de France, entre 2019 et 2020, il y a 30 % d’entreprises (tous secteurs confondus) en moins, malgré les aides du gouvernement. Un article de FranceInfo prévient même que le pire est à venir : « Le risque, c’est quand ces aides vont diminuer. (…) Selon l’assureur Euler Hermès, le nombre de faillites va atteindre 50 000 en 2021. Soit deux fois plus que l’an dernier et la secousse va se prolonger les années suivantes puisqu’il parie sur 60 000 faillites en 2022. Ce qui va entraîner des destructions d’emplois, près de 200 000 cette année, selon l’OFCE (l’Observatoire Français des Conjonctures Économiques).« 

D’un autre côté, malgré les deux confinements et les couvre-feux, les boutiques ont pu réouvrir et les acheteurs étaient bien présents. La mode est un l’un des secteurs qui s’adapte le plus aux goûts et dernières tendances de la société, et a déjà réussi à s’adapter aux différentes mesures sanitaires très strictes. Mais, certaines marques ont en même temps accumulé des stocks d’invendus et des dettes qu’il ne sera pas facile d’effacer.

Néanmoins, tous les intervenants de la mode n’ont pas été aussi impactés. Certains s’en sont très bien sortis avec d’autres techniques et modèles de vente. L’enquête de Fashionnetwork a recueilli le témoignage de Laura Guillermin, Directrice Générale du label Dawei, label qui mêle le luxe et contemporain sur les vêtements féminins. « Vend ses collections depuis juillet 2018 sur la plateforme en ligne ultra-technologique et haut de gamme Ordre. Cela nous a permis de basculer sur le site, par exemple, les acheteurs américains, qui sont repartis aussitôt après le show sans passer au showroom, et d’avoir des pré commandes.« 

Le futur de la mode réside-t-il dans les nouvelles technologies, la communication et le marketing digital ? Probablement. Un article du quotidien 20minutes l’explique dans son titre même : « Les ventes sur Internet ont atteint 112 milliards d’euros en 2020 en France, en hausse de 8,5 %« . Cet article est basé sur le dernier bilan de la Fevad (Fédération du E-commerce et de la Vente À Distance). Selon eux, « Les ventes en ligne des enseignes magasins confirment leur progression : + 53 % sur l’année avec des pics à + 100 % pendant les deux confinements (accélération des livraisons à domicile, du « Click&Collect » et du drive) (…) Quant aux petites entreprises (TPE/PME), la hausse du e-commerce (…) a pu fournir un débouché (…) et limiter le recul de leurs ventes.« 

La mode redeviendra-t-elle ce qu’elle était ? C’est une question que beaucoup se posent, mais il va falloir attendre… Néanmoins, l’assouplissement de certaines mesures a permis à beaucoup de lieux de fabrication de produire à nouveau toutes leurs demandes. Malgré le couvre-feu, les boutiques d’accessoires et magasins de mode sont ouverts. Plutôt une bonne nouvelle pour les marques.

Photo de nappy provenant de Pexels

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