Olivier Ramel : « Les start-up sont de plus en plus brandées ! »

Hoodies, tee-shirts, chaussettes… Ces pièces s’invitent dans les entreprises pour créer une véritable culture commune en habillant les salariés. C’est il y a un peu plus de quatre ans qu’Olivier Ramel, entrepreneur visionnaire, vient dépoussiérer le marché vieilli du goodies en créant Kymono sur le créneau de la personnalisation et de la customisation textile et d’objets. Son ambition : faire des entreprises de véritables marques. Brandez-vous bien !

Vous fondez Kymono, une boîte qui personnalise des objets et du textile pour des entreprises, il y a 4 ans et demi. D’où vous vient cette idée ?

Olivier Ramel : J’avais crée le sweat officiel de mon lycée. C’était le lycée public Alexandre Dumas dans les Hauts-de-Seine. Il y avait un fort sentiment d’appartenance. Ça a super bien marché ! J’en ai vendu près de 700 pour 1200 élèves. Et cette première expérience entrepreneuriale m’a fait un déclic.

Et vous vous lancez directement dans le marché après le lycée ?

Ah non non ! Kymono est ma cinquième boîte. Après le lycée, les années passent, j’entre en école de commerce et je fais plein de projets. C’est en 2015 que je quitte ma dernière boîte. A ce moment-là, je me demande ce que je veux faire. Et j’adorais ce que fait The Family, un incubateur de start-up. Je contacte Alice Zagury, la CEO, et je ne sais pas pourquoi mais je lui parle des sweats du lycée. Elle m’arrête tout de suite pour me dire que les start-up de son portefeuille lui demandent quotidiennement si elle connaît un fournisseur qui fait des vêtements un peu sympa sortant du goodies ou du truc publicitaire. Il se trouve que j’en connais un. Kymono est né une semaine après, en mars 2017.

Et avant Kymono, vos boîtes précédentes étaient déjà dans le textile ?

Non, mes quatre présidentes boîtes étaient dans la boisson ou des concepts food donc rien à voir avec le textile, ou même la personnalisation.

Showroom Kymono, quasiment semblable à une boutique de mode

Comment vous êtes-vous rendu compte qu’il y avait un vrai marché sur le secteur de la personnalisation textile et de la customisation ?

En fait, le marché existait mais est resté sous la poussière pendant des années au sens où les produits étaient très cheap. A tel point que la plupart du temps, ils se portent pour faire du sport, bricoler ou dormir mais pas dans un contexte professionnel. Or, j’ai remarqué que les entreprises sont progressivement devenues des vraies marques comme les entreprises de retail et qu’elles veulent le véhiculer à travers des produits et services, notamment des vêtements. Côté start-up, elles sont de plus en plus brandées. Les gens étaient à la recherche de produits aussi qualitatifs qu’une vraie marque de vêtements de mode aux couleurs de la boîte. Et tu ajoutes un côté écoresponsable à des produits de qualité et tendances, ça marche direct !

Vous travaillez avec des partenaires qui vous fournissent notamment les vêtements. Comment les choisissez-vous ?

On a des fabricants grossistes qui vendent à des boîtes comme la nôtre donc des revendeurs, des très petits fournisseurs, ou encore des fournisseurs haut de gamme. On les choisit en regardant la qualité des matières, le côté tendance et le côté responsable. Et parmi les fournisseurs choisis, on a sourcé les produits qui nous intéressaient pour en faire un catalogue. On personnalise ensuite les pièces choisies par les clients.

Faites-vous aussi de la création sur-mesure ?

Oui tout à fait ! C’est notre deuxième business. On peut dessiner grâce à nos stylistes donc penser un produit pour nos clients et le produire sur-mesure. Dans ce cas, on fait appel à d’autres usines qui vont créer le vêtement que l’on a imaginé avec les matières que nous avons choisies. Le sur-mesure est ce que l’on fait de plus en plus.

L’équipe de la start-up Cosset ! C’est marqué sur leur pull…

Les vêtements brandés envahissent les start-up. Avez-vous remarqué une augmentation des demandes de la part de start-up parmi vos clients ?

Oui clairement. Ce que l’on remarque en 4 ans est que tout le monde a compris l’intérêt d’être une marque. Il est vrai qu’on a un peu fait de l’éducation là-dessus mais le besoin ne fait que grossir. Les start-up aiment ce côté branding, sentiment d’appartenance et culture d’entreprise. Et aujourd’hui, avoir une culture d’entreprise permet d’attirer des talents et de les garder. Cela ne veut pas dire que faire des pulls va obligatoirement faire en sorte que les gens restent mais cela va en tout cas procurer un fort sentiment d’appartenance.

Parmi vos clients, avez-vous également des boîtes dont les salariés travaillent en uniformes ?

On a trois types de clientèles. D’abord, les entreprises : start-up, PME, grands groupes pour lesquelles le vêtement est un cadeau de l’employeur. Ensuite, les forces de ventes de type livreurs et vendeurs qui revêtent effectivement une sorte d’uniforme professionnel. Et enfin, le secteur de l’évènementiel pour de la représentation de marques même si ce n’est plus trop d’actualité depuis 2020. Parfois, un client est client pour les trois avec des produits différents. Nous avons même des marques qui revendent les pièces que nous avons personnalisées comme la marque de Caroline Receveur qui s’appelle Osée.

Concrètement, quels types de personnalisation textile pouvez-vous faire ?

Cela va du logo au slogan, jusqu’aux mantra de la marque. Parfois, il s’agit juste d’une partie du logo pour que cela reste discret et ne fasse pas trop publicité. Cela peut aussi être des phrases, des images, des dessins… Et en fonction des souhaits de la boîte, on va utiliser différentes techniques de personnalisation sur le textile. On peut faire de la broderie, de l’impression numérique, de la sérigraphie, du flop velours, du transfert ou encore des patchs brodés.

Combien de boîtes habillez-vous ?

On a dépassé les 4000 entreprises.

Une autre start-up brandée et fière de l’être !

Quelles sont les demandes qui reviennent les plus souvent ?

Les classiques restent le hoodie qui est en tête des ventes en raison de l’influence de la mode du streetwear, le sweat col rond qui fait assez cool, le tee-shirt col rond et le polo. Ce sont en fait les grands classiques de l’habillement. On vend aussi énormément de casquettes et de chaussettes.

C’est vrai que la mode streetwear et du sportwear s’invite de plus en plus en entreprise.

Oui, tout le monde s’habille de plus en plus en casual wear. C’est de plus en plus accepté dans les entreprises donc les vêtements professionnels sont influencés par cette mode du décontracté. Une nouvelle vision du chic en jean, basket et sweat est en train de s’imposer.

Et vous, vous portez quoi chez Kymono ?

C’est « venez comme vous êtes ». Chacun vient comme il veut avec son style. Il n’y a pas de règle. Je dirais qu’on est dans ce truc casual cool. Après, on est notre premier client. On s’est fait énormément de produits brandés. Parfois, on fait même des tests sur nous. On donne aussi pas mal nos produits autour de nous. Beaucoup portent du Kymono donc on a finalement réussi à créer une marque sans la vendre, ni même en avoir une.

Vous allez peut-être finir par lancer votre marque, non ?

C’est prévu ! Un jour, un jour…

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